29.06.2007

Historique du slot racing HO

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Voici la retranscription de l'article "Historique du HO" du regretté magazine "SLOT BUZZ" ( http://www.slotbuzz.com/ ) n°7 de juillet-août 2006, page 73. L'auteur de l'article est François CALLAT

Depuis sa création, le terme « slot HO » a toujours été utilisé bien que les voitures n’aient jamais correspondu à l’échelle. L’échelle du HO est le 1/87. Tandis que les voitures vont du 1/76 pour les plus anciennes (échelle OO) au 1/64 (échelle S). Tout démarre à la fin des années 50, lorsque la firme anglaise PLAYCRAFT commercialise le circuit « Highways » destiné à décorer les trains électriques Anglais au 1/76. Il se compose d’une piste à 2 voies alimentées en courant alternatif. Le camion et la voiture du circuit sont équipés d’un moteur à vibreur (comme le circuit 24) et des « volants-rhéostats » règlent la vitesse.

En 1960, le fabricant américain de maquette Aurora rachète les droits du jouet à PLAYCRAFT et commercialise le système sous l’appellation «  model motoring ». La gamme des véhicules s’étoffe mais ce sont encore des modèles « de ville » aptes à côtoyer les trains miniatures.

En 1962, les Anglais répliquent avec le Triang-Minic. Les autos sont plus grosses (1/64), moins bien finies avec l’absence de vitres et surtout possèdent le même dispositif de guidage que les toutes premières Scalextric en métal. Une roulette vient prendre le courant dans la rainure et dirige le véhicule. Triang fabrique également des trains et sort tout un tas d’accessoires orientés « Chemin de fer ». Ce circuit au look désuet disparaîtra en 1970 non sans avoir tenté une reconversion « racing » en 1967 avec un très beau coffret.

En 1963, Aurora sort un nouveau châssis révolutionnaire: le thunderjet 500 appelé T’jet. Le moteur à courant continu est disposé verticalement et pas moins de 5 pignons-couronnes dirigent la puissance jusqu’aux roues arrières. Les poignées accélérateurs remplacent les boîtiers à volants et des drapeaux à damiers apparaissent sur les coffrets. Le parrainage du jouet par le champion Stirling Moss complète le tableau. Face à un tel succès, un concurrent redoutable se profile à l’horizon…Tyco, qui fabrique des trains miniatures, se lance dans le circuit. Les voitures sont un peu plus grosses mais plus détaillées. Le moteur cage est placé en ligne et la transmission est à vis sans fin. L’écartement des contacts est identique à Aurora et restera le même jusqu’à aujourd’hui. Une standardisation habile qui fera le succès du slot HO. Ainsi, une vieille T’jet roule sans problème sur la piste Tomy AFX actuelle…La firme allemande Faller commercialise des maquettes de bâtiments ferroviaires. Elle fabrique également son circuit routier, le Faller AMS. Le premier châssis ressemble à celui de Tyco mais sans les performances malgré les deux rapports de transmission disponibles. Peu importe ! On vise le marché des trains électriques. Le circuit est alimenté en courant alternatif et une diode loge dans chaque véhicule: deux voitures peuvent rouler indépendamment sur la même voie. Le degré de finition est extraordinaire pour l’époque et une pléthore d’accessoires est proposée: bifurcations, feux fonctionnels et bien sûr des bâtiments.

En 1964, le circuit routier vit son grand boum et de nouvelles marques apparaissent en HO. Marx, Atlas et Lionel s’y essayent mais aucune n’atteindra le succès d’Aurora qui présente dorénavant une gamme de 18 véhicules dont une monoplace Indy, une Ferrari GTO et une Cobra. Un kit « haute performance » est également proposé.

En 1965, Faller sort un nouveau châssis fortement inspiré du T’jet Aurora avec sa cascade de couronnes. L’engin est très rapide, idéal pour équiper les nouvelles Ferrari GTO et Porsche 904. Les poignées pouce font enfin leur apparition au catalogue ainsi que les bâtiments du célèbre Nurburgring. Aux USA, les slots-centers et leurs pistes géantes poussent comme des champignons. La compétition fait rage entre les marques au 1/24. Les pièces spéciales (induits rebobinés, pneus silicones, carrosseries thermoformées) apparaissent et toucheront aussi le HO mais un peu plus tard vers 1969.

En 1970 Aurora est le n°1 du slot mondial avec un chiffre d’affaire de 20 millions de dollars sur l’année. L’année suivante, il est temps pour Aurora de sortir un nouveau châssis. Tyco vient de commercialiser la Tycopro et même la vénérable T’jet 500, équipée de pneus larges , est larguée. Ainsi naît la AF/X (Aurora Factory Xperimental), toujours avec un moteur « galette », vertical mais beaucoup plus puissant (fil vert), le tout à l’échelle 1/64. Les vis de fixations disparaissent au profit d’une carrosserie qui se clipse sur le châssis.

En 1972, d’authentiques slot-cars tentent une reconversion vers le HO.Riggen,Dynamic et Champion proposent des voitures très performantes mais trop tard. Tyco et surtout Aurora ont capté le marché avec le réalisme de leurs modèles. Sans oublier qu’en fonction des modèles, Aurora propose 4 types de jantes différentes.

La marque Faller essaie en 1973, elle aussi, une conversion vers le 1/64. Hélas, seule une magnifique Chaparral 2F verra le jour. Faller signe un partenariat avec Aurora et des coffrets sortiront, certes, avec la belle piste AMS mais avec des voitures Aurora. L’activité circuit-décor ferroviaire continue cependant quelques temps puis tout sera consommé une dizaine d’années plus tard… Aux USA, Cox tente également sa chance dans le HO et sera à l’origine d’une longue lignée d’outsiders: Amrac, Rokar et maintenant Life-like.

En 1975, Aurora frappe fort et invente la Magnatraction. Semblable aux AF/X mais par hasard, on découvre l’aimantation sur les contacts de la piste en descendant les aimants moteurs et en évidant le châssis. « L’effet de sol » demeure encore faible mais c’est déjà une petite révolution. Tyco réplique l’année suivante avec le «  curvehugger » lui aussi aimanté, Aurora enfonce le clou avec le  G+. Adieu le moteur « galette » vertical, désormais en ligne sans cage. Tous les composants moteur sont clipsés sur le châssis . L’ensemble est très bas et enfin on peut monter des carrosseries de F1 qui ne ressemblent pas à des kinder-surprises…

1977 marque le réveil Européen. Carrera sort le 160 et un an plus tard le servo 160. Polistil tentera aussi brièvement sa chance. Un an plus tard, Aurora envahit le vieux continent à grands renforts de publicités. Un championnat « bis » réel de Formule 1, sponsorisé par Aurora, est organisé pendant 3 ans: Le «  challenge Aurora. » James Hunt et Mario Andretti signent les coffrets qui seront disponibles dans presque tous les pays. Nous sommes à l’apogée du slot HO !

Entre 1981 et 1983, Tyco sort de sa léthargie. Tout d’abord avec le 440 Magnum fortement aimanté qui inaugure la lignée des « voitures ventouses » au pilotage extrême. L’année suivante, sort une voiture économique: c’est la HP7, beaucoup plus calme. Puis rebelote en 1983 avec le 440x2, encore plus puissant et plus aimanté. Toutes ces voitures, outre les aimants moteurs, sont équipées d’aimants spécifiques pour l’effet de sol. Aurora répliquera brièvement avec la super-magnatraction peu diffusée jusqu’à sa faillite en 1984.… La branche maquettes d’Aurora sera rachetée par Monogram tandis que Tomy fera l’acquisition du nom AFX. Pendant 3 ans, les Japonais se contenteront de commercialiser au Japon d’anciennes Aurora G+ jusqu’en 1987.

Cette année-là, Tomy-AFX débarque avec une nouvelle piste: 5 rayons de virages, un compte-tours chrono au 1/100 de seconde à prix imbattable et surtout un assortiment de sept « groupe C » toutes décorées. Montées sur le nouveau châssis Tomy turbo, elles sont aussi rapide qu’une Tyco 440. La conduite est résolument « slot »: brutale, nerveuse avec une aimantation intelligente qui permet le dérapage. Toutes les anciennes carrosseries Aurora se clipsent sur les châssis Tomy puisque les attaches sont identiques. Plus tard, Tomy sortira la super G+ encore plus rapide. La firme Tyco sera rachetée par Mattel-Hotwheels. Tomy-USA, dirigée par Jim « Russkit » Russell, crée le châssis SRT avec de splendides carrosseries: Cobra Daytona et Chaparral 2D notamment. « Playing Mantis-Johnny lightning » propose des carrosseries adaptables sur Aurora-Tomy ainsi que des répliques des châssis T’jet et Magnatraction. Partout dans le monde, des artisans moulent des résines adaptables au 1/76 et 1/64. Certains américains injectent des éléments de pistes compatibles Tyco ou Tomy avec des rayons de courbes inédits. Toutes les pièces détachées, même anciennes, sont disponibles et facilement trouvables tellement les stocks sont énormes… Maintenant c’est à vous. Etes-vous prêts pour le HO ?